Ce que le vent murmure

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13 Novembre

lundi 13 novembre 2017, par Maï Phan-van

Date anniversaire.

IL y a deux ans, le 13 novembre 2015, des hommes entraînés par la folie de leur croyance faisaient le choix d'assassiner d'autres hommes.

Il y a deux ans, le 13 novembre 2015, pendant qu'on y décrétais l'état d'urgence, que les yeux du monde se rivaient avec horreur sur notre capitale, je découvrais fortuitement que mon mari était en goguette à Paris.

Il y a deux ans le 13 novembre 2015 à 23 heures ma vie s'effondrait comme un château de cartes, moi, brûlée vive au lance flamme de la réalité, coeur et âme, j'étais réduite en cendres.

Dans la petite maison d'auvergne où l'homme que j'avais élu il y avait plus de quinze ans homme de ma vie, m'avait laissée quelques jours plus tôt après une longue semaine de retrouvailles en amoureux éperdus, seule avec mes petits bras face à 10 stères de bois à ranger dans la grange, prétextant visite obligatoire à sa fille puis conseil municipal urgent dans la commune de notre résidence conjugale, ce soir là, poussée par une impulsion étrange et plus puissante que ma volonté, je cliquais, réflexe hypnotique, sur le coquelicot rouge sang image du compte gmail qui ne cessait de s'afficher sur l'écran de mon ordinateur portable, après que mon mari l'ait consulté depuis celui-ci.

Ce soir là dans la solitude nocturne du triste vendredi soir, après ma journée de travail à l'Ehpad d'Effiat, passée à remonter et à accompagner la vie jusqu'à l'extrémité d'elle-même, oubliant le feu qui s'étiollait dans l'insert, je découvrais dans la crudité brutale de l'écran la double vie de mon mari.
Le jeu des messages amoureux échangés, la préparation méticuleuse du séjour parisien, l'appartement cosy boulevard saint germain loué pour la semaine, le rendez vous à Agen chez la dame pour le trajet en train jusqu'à la gare Montparnasse, l'excitation joyeuse qui précède le départ décuplée par la transgression de l'interdit.

Je comprenais soudain sa bonne forme physique, son bronzage joyeux, qui m'avaient tant étonnée.
Après presque deux mois de break entre nous pour faire le point sur la violence conjugale qui n'avait cessé d'augmenter depuis la retraite de monsieur et notre réimplantation chargée d'espoirs d'une vie nouvelle dans le lot , j'avais pour ma part perdu près de dix kilos. Mes quarante quatre kilos restants n'avaient émus mon mari qu'en terme de désir. Ils me donnaient l'aspect juvénile d'une frêle adolescente. Aveugle à la souffrance qui peut générer une aussi rapide et radicale perte de poids, il s'était réjoui d'avoir l'impression de faire l'amour à une gamine.
Son manque d'empathie et son excitation m'avaient choquée. Mais il était là, il était mon mari, il m'avait tellement manqué, la séparation avait été si profondément éprouvante, je croyais tellement à la force de l'amour, à la puissance de la conscience, je croyais en sa volonté de guérir, je pensais que la cure de solitude que nous nous étions imposée avait porté ses fruits, qu'il avait pris conscience de l'importance que nous avions l'un pour l'autre, que le désir de changer tant de fois avancé était enfin en mis en acte. Il était là l'homme de ma vie, il me désirait, il était heureux c'était pour moi une déclaration d'amour.
D'aileurs ne m'avait-il pas déclaré en partant qu'il était fou de bonheur de m'avoir retrouvée, et n'avait-il pas laissé des petits messages signés "Ton mari qui t'aime", "Ton époux amoureux"...
Ce Vendredi 13 Novembre 2015 , sur mon écran de verre quinze pouces, posté par Muriel J. "l'amoureuse cinéphile", la photo promise disait une réalité que j'avais omis d'imaginer. "Le beau gosse randonneur" posait Ray ban sur le nez, un pied négligemment posé sur le plus gros cailloux du chemin, le sourire avait certes davantage l'aspect d'un rictus, et la mine de l'homme y était celle des jours bêtes, mais c'était bien mon mari qui posait là en plein soleil, mon mari en séjour extra conjugal au Relais de Tamaroque à Portel des corbières, il y avait à peine un mois.

Ce soir là les djihadistes ensanglantaient Paris. Ce soir là, mon mari se jouant pour lui seul la partition du grand prince séducteur éblouissant, se tapait une blondasse un peu fade, plus très fraîche, pas vraiment bien fine, peu cultivée, banale à en pleurer.

Je suis morte ce soir là.
Le coeur peut se briser d'avoir été trahi, utilisé, dupé, méprisé.

Mon coeur avait résisté à quinze années de laminage.
Mon mari se targuait d'être réactif. Ce qu'il affichait comme une force de caractère dont il tirait la gloire flatteuse de posséder une personnalité forte, s'était au quotidien très vite révélé comme une difficulté à moduler et à ajuster son style de pensée et de comportement en fonction des personnes et des circonstances. Cette rigidité que les psy affectent de pathologie caractérielle et que l'on qualifie aujourd'hui plus simplement de personnalité difficile.

Farouche militante de l'écoute active, adepte de l'empathie, de l'accueil et de l'amour inconditionnel de l'autre j'ai toujours posé comme règle de vie personnelle une règle de trois toute simple: accepter, compendre, agir.

Ce ne fût pas toujours facile et simple. Mais il y eut de magnifiques moments. Les personnalités difficiles sont des personnes blessées et fragiles. Les dragons ne crachent du feu que parce qu'ils ont peur.
J'ai aimé cet homme. Je l'ai aimé passionnément. Peut être parce que je le savais blessé et fragile. J'ai aimé tout, j'ai pris tout, l'ombre et la lumière.
Ce soir là, je découvrais par le tsunami de souffrance qui me submergeait que ma fragilité à moi s'était dissimulée dans l'image que je m'étais faite de l'homme que j'aimais. Difficile certes,il l'était, rugueux, colérique, "réactif", c'est à dire susceptible... mais je le pensais droit, intègre, incapable de tricher, de trahir engagement ou parole, moralement impeccable, incorruptible. Je le voyais courageux, noble, empreint de la volonté de réussir à faire de lui même une belle personne...

Deux jours avant nos retrouvailles amoureuses, à mon beau frère me demandant sceptique quant aux suites de notre bref break conjugal ,mais tu n'as pas peur qu'il aille voir ailleurs, j'avais répondu dans un élan de certidute naïve clamant mon amour et ma confiance en cet homme, mais J.P. est d'une fidélité à toute épreuve, il est d'une loyauté absolue!!

Je ne me doutais pas que cédant à un mécanisme de projection je ne parlais alors que de moi-même, et que naïvement j'ignorais tout de l'homme de ma vie.
Ce vendredi 13 novembre 2015, en même temps que brûlaient ma foi en cet homme, mes certitudes, mes croyances, en même temps que partaient en fumée tout ce que j'avais cru contruire et défendre, la douleur indicible me réduisait en moins que cendre...

Douleur....

vendredi 23 juin 2017, par Maï Phan-van


La douleur Douleur. Huile sur toile; 60x80. Juin 2017. Mai Phan Van.

Vous êtes là devant la page vierge, devant l'écran blanc, les doigts hésitants sur le clavier, ne sachant commencer.
Vous êtes en suspend. Combien de fois, depuis combien de temps, déjà, vous avez éprouvé ce désir brûlant de dire ce qui vous est arrivé. Cette chose là. Vous êtes venu là avec cette intention "Je vais vous dire ce qui m'est arrivé"
Comment dire, quels mots trouver. Vous les cherchez mais ils ne sortent pas les mots. Ils vous vient des bribes de phrases, simples, crues, choquantes trop compliquées, vous les jugez mal adaptées, ce ne sont pas ces mots que vous voudriez, ceux là vous les refusez vous en voudriez d'autres, plus délicats plus fins plus justes; Et non ce sont ces paroles là qui émergent, éclatent comme des bulles malodorantes, Des boules puantes.
Violentes.
Les mots qui disent cela sont violents. Plus violents encore vous semble-t-il que ce qui vous est arrivé. Le recul, le temps qui a donné la distance qui vous a détaché du feu de l'action... et maintenant lorsque vous regardez en arrière, lorsque les images reviennent, confuses parfois, tellement précises dans les détails d'autres fois,le défilé des images,les arrêts sur images, les images, quand elles sont là trop crues, les mots pour nommer cela sont soudain indécents.
Cela vous est arrivé pourtant.
Cela arrive dans la vie des femmes. Dans celle des hommes aussi quelques fois.
Quand cela vous arrive vous êtes dans la scène qui se joue, vous vivez la chose, vous n'avez pas le temps de penser, de vous dire cela est en train de m'arriver.
Cela vous arrive c'est tout;
La violence est dans les mots maintenant.
Sans doute vous semblent-ils violents les mots parce qu'il vous faut considérer que ce qui vous est arrivé était violent.
Et cela vous est difficile d'accepter cela. De vous considérer comme cela.

Violence conjugale, le poids des mots

Le poids des mots…

Lundi 12 juin, Émilie, 34 ans, mère de 4 enfants, meurt sur les rails d’une ligne TGV, ligotée par son mari dans l’attente du passage du train, en pleine nuit.

Si la méthode utilisée par le criminel est inhabituelle, le traitement de cette actualité par les médias est en revanche plus ordinaire.

Pour une (rare fois), on ne parle ni de crime passionnel, ni de drame conjugal. Les critiques des mouvements féministes auraient-elles été prises en considération ? Rien n’est moins sûr, hélas.

L’affaire est banale : un couple en instance de séparation, un mari qui ne le supporte pas et se transforme en bourreau. Une tragédie classique que les médias nous ressortent régulièrement sous forme de faits-divers. A raison d’une femme succombant tous les 2,7 jours sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint et de 223 000 femmes victimes chaque année de violence conjugale, chez FEMEN on parle plutôt de phénomène de société et d’une question de santé publique.

La société et les médias prennent-ils vraiment la mesure de ces crimes ?

L’article s’achève par ce commentaire indulgent : "C'est le geste terrible d'un homme qui a sombré dans une longue dépression", confie une source proche de l'enquête au quotidien. Ni le caractère cruel du procédé ni la préméditation de l’acte ne seront évoqués.

La presse regorge d’articles aux conclusions similaires :

Mai 2016, dans l’Allier : “Un septuagénaire dépressif a abattu son épouse d’un coup de fusil de chasse avant de retourner l’arme contre lui”.

Toujours en mai 2016, dans l’Héraut : “Dépressif, il tue sa femme avant de retourner l’arme contre lui. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’homme souffrait de dépression”.

Février 2016 dans le Loiret : “Il tue sa femme et ses enfants et se tranche la gorge : le magistrat n’exclut pas la possibilité d’une dépression”(sic).

Corse, août 2011 : “Dépressif il tue sa femme et ses enfants avant de se donner la mort”.

Les mots féminicide, violence, crime ne sont quasiment jamais employés dans ces contextes pourtant propices.

Que nous dit l’usage répété de ce terme médical dans des histoires de meurtres ? “Dépressif” réoriente notre empathie vers l’auteur du crime et non vers sa/ses victime(s) (laissées dans un flou constant) en en faisant un homme sensible (hum hum), broyé par une destinée irréversible, non responsable de ses actes.

Le choix des mots est primordial, et un ton résolument compatissant vis-à-vis de l’auteur du crime tend à dresser un portrait en creux de la réelle victime.

Changement de ton lorsque l’auteur du crime est une femme (cf Jacqueline Sauvage, Alexandra Lange, Sylvie Leclerc). Aucune hypothétique dépression mise en avant, remise en doute de la version de la femme (notamment au sujet des violences subies par le conjoint). Les articles s’attardent bien plus sur la victime quand il s’agit du conjoint qu’inversement, et là aussi le but (avoué ou inconscient) est de démontrer l’humanité du défunt et démonter l’image négative dressée la suspecte.

Le patriarcat est un système de pensée intégré, c’est pourquoi il est d’autant plus difficile à combattre. Alors que théoriquement, la justice prévoit une égalité de traitement toutes et tous, dans les faits, la perception des affaires diverge selon le sexe de la victime.

La dépression du tueur est un abus de langage tel que “crime passionnel” ou “drame conjugal”, visant non seulement à atténuer la responsabilité du coupable, mais aussi en reportant une partie de cette responsabilité sur les épaules de la victime : si elle n’avait pas quitté son conjoint, il n’aurait pas « sombré » dans la dépression et ne serait jamais passé à l’acte (euphémisme pour carnage familial). Quelque soit son rôle, elle est en partie responsable du drame qui s’est noué. La mort des enfants n’est pas perçue comme l’acte abominable d’un homme violent et possessif (les journaux titrent rarement leurs enfants, mais ses enfants, excluant le lien maternel, comme si avec son départ, elle lui volait ce qui lui appartenait), mais comme l’inéluctable conséquence de l’égoïste décision de la femme.

On nous raconte donc qu’Emilie, 34 ans, mère de quatre enfants, retrouvée coupée en deux sur une ligne de TGV est donc en grande partie l’artisane de son propre malheur. En brisant le cœur de son gentil mari, elle a déclenché une réaction en chaîne incontrôlable.

Le traitement de l’information n’est pas un détail dans la lutte contre le patriarcat. Le rôle des médias est de rendre compte objectivement de faits, non de créer des archétypes qui font perdurer les clichés. Il faut cesser de chercher des excuses aux criminels en avançant des raisons médicales comme des certitudes. La majorité des dépressifs retourne la violence contre eux-mêmes sans entraîner d’autres personnes avec eux

Tuer sa compagne (et parfois ses enfants) n’est pas l’acte d’un dépressif, mais celui d’un homme violent, possessif et immature.

Publié par FEMEN le  17 juin, 11:35 · sur le site Femen facebook.

Un avant goût de printemps

lundi 20 février 2017, par Maï Phan-van

Violettes, pâquerettes, oiseaux chantants.... un parfum de printemps chatouille les sens dans l'air adouci de soleil.
Dans mon village les jardiniers se réveillent, ça s'agitte dans les jardins.
On taille les branches mortes, on prépare la terre, on désherbe, on bine, on bêche...
Avec amour.
On entourre de tendresse narcisses et jonquilles, on couve d'un regard ému les bourgeons sur le point d'éclore.
Et la brise délicate m'apporte comme une graine portée par le vent cette pensée d'Henri Gougaud:
" Vois les gens comme des jardins, n'y sème pas des grains de mort. "

Alors dans les rayons de ce tendre soleil printanier , les pépiements d'oiseaux , les premiers papillons, les abeilles à nouveau à leur tâche, viennent à moi quelques pensées que j'ai envie de partager comme quelques graines de vie à semer dans les jardins intérieurs que sont nos coeurs:
" Le souffle de vie au plus profond du cœur est « plus petit qu'un grain de riz, qu'un grain d'orge, qu'un grain de moutarde, qu'un grain de mil, plus petit même que le noyau d'un grain de mil, et pourtant plus grand que la terre, que l'espace entre ciel et terre, plus grand que le ciel, plus grand que tous les mondes ». (les Upanishad)
" Ce qui rend effrayants les masques du pouvoir est l'irrémédiable absence d'amour. "
(Henri Gougaud, L'inquisiteur)
"Les poètes déclarent que par le règne de la puissance actuelle, sous le fer de cette gloire, ont surgi les défis qui menacent notre existence sur cette planète ; que, dès lors, tout ce qui existe de sensible de vivant ou d'humain en dessous de notre ciel a le droit, le devoir, de s'en écarter et de concourir d'une manière très humaine, ou d'une autre encore bien plus humaine, à sa disparition." Patrick Chamoiseau (Frères migrants, Déclaration des poètes)

Mystère de la vie, pour germer, toute graine doit mourir en terre afin de révéler ce qu'elle a de plus puissant en elle que l'on ne pouvait soupçonner de l'extérieur. C'est en acceptant de mourir à nous-même que nous pouvons devenir réellement féconds
Être vivant c'est perdre sans cesse, mourir sans cesse, se transformer tout le temps, Grandir en permanence, c'est aussi vieillir, se rider, voir son corps et ses fonctions nous lâcher, comme le signe que nous sommes plus que cela, appelés à autre chose.

Et recevoir avec grâce ce qui advient de nouveau.


chanter la vie
Chanter la vie. Mai Phan Van. Acrylique sur toile 80x90.

Solitude

jeudi 9 février 2017, par Maï Phan-van


Le temps de l'hiver j'hiberne.
Enfin autant que faire se peut.
Nécessité alimentaire oblige.
Mais dès mon croûton de pain gagné, j'ai hâte de retourner au creux de mon terrier. J'aime ce temps de silence, enveloppé de nuit.
Il est propice à l'introspection. Il est utile à la création.
Il est solitude, confrontation à soi-même,
J'ai fini par l'apprivoiser.
Il faut avoir traversé des déserts, pleuré des continents de solitude noire, celle de plomb, lourde, pesante et gluante, enduré la solitude terrifiante d'abandon, celle où l'on se meurt, celle où l'on se sent perdu, abandonné, ...peut-être depuis notre origine, arraché de la matrice tiède..
Il faut l'avoir traversée et puis avoir accepté cette mort là.
Rendre les armes, Faire allégeance à l'incompréhensible.
Alors on ressuscite.
Neuf, neuf au dedans.
D'autres hivers viendront, et de nouveaux printemps. Désormais on le sait.
Dans les silences d'hiver, le coeur murmure. Il parle des amours reçus, des graines en attentes, des espérances frémissantes....
Il parle de l'amour infini qui enveloppe tout être vivant du plus petit cailloux aux plus idylliques créatures, et qui nous est donné sans condition. Lorsque l'on a compris cela, lorsque l'on a senti une fois le souffle de la Vie sur nous, la solitude n'est plus jamais ennemie.
Alors certains jours elle viendra aimante amante nous emporter sur ses ailes, vers l'infini des bleus du ciel.

"Je crois que pour vivre – parce qu’on peut passer cette vie sans vivre, et c’est un état sans doute pire que la mort – il faut avoir été regardé au moins une fois, avoir été aimé au moins une fois, avoir été porté au moins une fois. Et après, quand cette chose-là a été donnée, vous pouvez être seul. La solitude n’est plus jamais mauvaise. Même si on ne vous porte plus, même si on ne vous aime plus, même si on ne vous regarde plus, ce qui a été donné, vraiment donné, une fois, l’a été pour toujours. A ce moment-là, vous pouvez aller vers la solitude comme une hirondelle peut aller vers le plein ciel.…" Christian Bobin

Frimas d'hiver

jeudi 2 février 2017, par Maï Phan-van

Frimas d'hiver. Le doigt du givre repeint les paysages.
Cahors à changé de couleur, entre brouillards et gelées blanches, la ville en tenue d'hiver chante encore sous le ciel frileux.

Cahors Le Pont Valentré en hiver. Le Pont du diable, Mai Phan Van

Cahors. Le Pont Valentré en hiver. Le Pont du Diable. Mai Phan Van , Acrylique sur toile.80X90.

Secret de vie.

mardi 17 janvier 2017, par Maï Phan-van

En janvier 2014 je citais Pierre Rabhi :

"Des songes heureux pour ensemencer les siècles... Sachez que la Création ne nous appartient pas, mais que nous sommes ses enfants. Gardez-vous de toute arrogance car les arbres et toutes les créatures sont également enfants de la Création. Vivez avec légèreté sans jamais outrager l’eau, le souffle ou la lumière. Et si vous prélevez de la vie pour votre vie, ayez de la gratitude. Lorsque vous immolez un animal, sachez que c’est la vie qui se donne à la vie et que rien ne soit dilapidé de ce don. Sachez établir la mesure de toute chose. Ne faites point de bruit inutile, ne tuez pas sans nécessité ou par divertissement. Sachez que les arbres et le vent se délectent de la mélodie qu’ensemble ils enfantent, et l’oiseau, porté par le souffle, est un messager du ciel autant que la terre. Soyez très éveillés lorsque le soleil illumine vos sentiers et lorsque la nuit vous rassemble, ayez confiance en elle, car si vous n’avez ni haine ni ennemi, elle vous conduira sans dommage, sur ses pirogues de silence, jusqu’aux rives de l’aurore. Que le temps et l’âge ne vous accablent pas, car ils vous préparent à d’autres naissances, et dans vos jours amoindris, si votre vie fut juste, il naîtra de nouveaux songes heureux, pour ensemencer les siècles."

Pierre Rabhi, Extrait du Recours à la Terre, Terre du ciel, 1995

http://www.pierrerabhi.org/blog/?st..

Il est bon parfois de relire ses notes... piqûre de rappel, pour faire le point, garder ou réajuster le cap.

Lorsque le soleil illumine vos sentier, n'oubliez pas de rendre grâce à l'univers, goûtez le, savourez le.

Lorsque la nuit vous enveloppe, lorsque le ciel s'assombrit, ayez confiance.
Lorsque survient une tempête, lorsque la réalité construite autour de vous s'effondre, s'effrite, vole en éclats et se désagrège, ayez confiance. L'ancien doit mourir pour que naisse le nouveau, ne vous agrippez pas à ce qui vous échappe, par habitude, par nostalgie, par peur de l'inconnu qui va venir, par attachement, par désespoir.

N'ayez crainte, si vous n’avez ni haine ni ennemi, cette nuit là, aussi sombre soit-elle, "vous conduira sans dommage, sur ses pirogues de silence, jusqu’aux rives de l’aurore."
Quelque soit la douleur, aimez la. La douleur est amie, elle est processus de vie, elle travaille en vous. Epousez la. Et puis aimez, aimez, aimez sans retenue le monde, la Vie, les autres, une âme soeur, aimez vous vous même, gardez bras et coeur grands ouverts.
Recevez avec gratitude tout de la vie, son ombre, sa lumière, il n'y a rien à jeter.

L'aube viendra, ....et l'aurore , ....avec un jour nouveau...et le soleil ...

Petit retour en arrière....pour renouer avec mes pinceaux...

lundi 16 janvier 2017, par Maï Phan-van

Un Tsunami dans ma vie.
Un effondrement...
Un arrachement...
Un déménagement.

Un changement de vie...de tout...

Réapprendre à vivre.

Comment retrouver le goût de rire....mes pinceaux....les couleurs et les mots....


Laisser doucement s'enliser le plomb, revenir ce qui me rend légère...

Me ré-apprivoiser...

Peindre, écouter ce que le vent murmure, laisser son souffle me porter, me ré-alphabétiser, écrire, peindre encore et encore.
Renaître papillon....

dans l'atelier du vert
L'atelier en août, ne pas penser. Peindre.

Nouvelle Année....Des clownettes en Ehpad

mardi 3 janvier 2017, par Maï Phan-van

De Noël au 1er Janvier, 2016 aurait glissé tout doucement, au rythme lent de nos anciens...
C'était sans compter avec l'imprévisible des surprises... On rit aussi dans les EHPAD, on vit parfois plus intensément que dans les rues aux vitrines illuminées. Quand les corps se fatiguent, que jambes dos et bras nous lâchent, quand la pensée défaille, il reste encore la lumière des yeux....celle des yeux de l'enfant en nous....

Des improbables visiteuses aux résidents en passant par les membres des équipes soignantes, on ne sait qui au juste à eu le plus de plaisir.
C'est un gage de retour...

Photo_055.jpg
Pétunia nouvel an Ehpad Insomnie et Pétunia en visite à L'EHPAD de Luzech(Lot)
" Le rire est le langage des anges, il est ce qui sauve la vie quand les mots ne peuvent plus rien. Il est peut-être bien la chanson préférée de Dieu. "(Henri Gougaud, Le rire de la grenouille)

Violence conjugale, l'affaire Jacqueline Sauvage....ou l'affaire de milliers de couples en souffrance?

vendredi 30 décembre 2016, par Maï Phan-van

"François Hollande a accordé, mercredi 28 décembre, la grâce présidentielle à Jacqueline Sauvage, 69 ans, condamnée à dix ans de prison ferme pour le meurtre de son mari violent. Pour mieux comprendre les motivations de cette mesure exceptionnelle, retour sur l’évolution de l’affaire...".
"L’association Osez le féminisme a salué mercredi « le fruit de l’union de toutes les associations féministes et, plus largement, de la mobilisation massive qui a eu lieu », et Les effronté-e-s ont estimé que « la société française doit à présent, elle aussi, faire son examen de conscience : comment les coups de cet homme ont-ils pu envoyer trois fois cette femme aux urgences, sans que personne ne s’en émeuve ? Pourquoi 85 % des femmes battues jugent-elles inutile de porter plainte en France, et s’en abstiennent ? »% En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/artic...


S'interroger....sur le silence et la discrétion.

Les herbes folles...

dimanche 16 octobre 2016, par Maï Phan-van

Les mauvaises, les indésirables, les folles, les rebelles....les herbes des fossés, des bas côtés, des prairies en friches et des chemins abandonnés, les herbes sauvages si belles sous le soleil du Quercy,

Les simples, aux vertues oubliées, remèdes à tous nos maux, du corps, du coeur et de l'âme.

Les oubliées, les exclues de nos jardins, les voici à l'honneur pour deux mois sur les cimaises trop froides du Centre Régional de Documentation Pédagogique d'Auvergne, Canopé de Clermont Ferrand.

Carottes sauvages, chardons, chicorée, fenouil, grande berce, angélique, plantain, sauge des prés, épervière, marguerites, bleuets et coquelicots.....avoine, graminées....entre les murs de béton blanchi ne manque que le souffle du vent, le chant des hirondelles et la stridulation des grillons...

Sous les tarlatanes peintes, entre les galets du lot usés par le soleil, un vol de libellules murmure encore l'enfance heureuse au coeur des citadins. Les souvenirs des étés chauds, les courses gaies au milieu des prés en fleurs, les filets à papillons, les rires et le murmure du vent, tout leur revient, tout est là présent, il suffisait de quelques toiles et d'un pinceau .

les herbes folles
les herbes folles 2

chardons, fenouils et sauge des prés

Et puis Gabriel Fauré...
Esquisses aux couleurs de Fauré. Clermont Ferrand jusqu'au 20 Novembre2016. Concert d'ouverture de la saison culturelle du conservatoire de région de Clermont Ferrand. Piano Frédéric Borceux. Soprano Eugénie Borceux. Pinceaux Maï Phan Van.

Trois petits tours et puis s'en va...

jeudi 15 septembre 2016, par Maï Phan-van

L'été brûlant s'en va sur la pointe des pieds caché derrière les nuages lourds des orages tant attendus. L'eau enfin.

L'eau comme des sanglots tombés du ciel.

L'eau pour la terre assoiffée.

L'eau pour les plantes tellement déshydratées que l'automne se joue avant l'heure dans les tapis de feuilles grillées jonchant misérablement les pieds des arbres.

Trois petits tours en Auvergne avant de regagner le Quercy.

Trois expositions.

Long silence ici, sur ces lignes virtuelles. Lignes sages esseulées attendant patiemment mon retour.

Me revoici enfin après un été marathon au pinceau. Il me faut vous réapprivoiser. Les mots sont comme les couleurs. Lorsqu'on les délaisse un peu ils se referment sur eux, s'escargottent s'enfouissent et ne se laissent pas saisir à nouveau sans se faire un tantinet désirer. Il faut les amadouer, réaccorder l'instrument, amoureusement avec patience et tendresse. C'est que je suis toujours toute entière à ce à quoi , comme à qui , je me donne. Un été de peinture pour une belle aventure. Peindre autour de Gabriel Fauré. Cela ne se refuse pas.

Voici que se termine la phase solitaire de cette aventure aux pinceaux sur les toiles et les tarlatanes. Parce que le temps de laisser naître au grand jour ce qui est né de cette fièvre est là, pressants impératifs du calendrier sans lequel j'aurai sans doute poursuivi inlassablement ma tâche quotidienne sans mettre le nez hors de l'atelier.

Les toiles seront exposées au Canopée/ CRDP de Clermont Ferrand du 1 Octobre au 18 novembre. Vernissage le jeudi 6 octobre à 19h30 suivi du concert. "Le Duo Hài-Hòa vous propose son concert "Esquisses aux couleurs de Fauré". Un récital Chant/Piano, en partenariat avec l'artiste peintre Maï Phan-Van."

http://youtu.be/9gPQExnDHEk

Quant à mon aventure elle va continuer entre mots et couleurs.

Neuf mois

mercredi 27 avril 2016, par Maï Phan-van

Neuf mois...le temps de me refaire à neuf... Neuf mois de repli dans un petit village d'auvergne pour me retrouver ma source vive... Neuf mois...de silence, et me voici de retour avec le printemps.

Quercy. Le printemps frais n'empêche pas les ombelles d'envahir les talus. J'ai ressorti les pastels.

Quand Mariette est patie...

dimanche 13 mars 2016, par Maï Phan-van

Quand Mariette est partie Acrylique sur toile. 100x100cm

La prochaine vie...

dimanche 26 juillet 2015, par Maï Phan-van

Ma prochaine vie ce sera la sortie au grand jour de ce qui naît en cet été brûlant entre les murs trop chauds de l'atelier pour en calmer la fièvre.

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Prémisses d'un à venir dont je ne peux contenir le désir exigeant. Quelque chose en moi veut des toiles, des murs, des tentures, des pages blanches, des supports, des espaces où faire éclore un éternel printemps, de torrides étés, des automnes de feu et de pluie, des hivers de givres, des paysages d'âme, d'improbables atmosphères...quelque chose en moi crie hurle supplie pour se dire dont je ne connais pas encore tous les contours...
Je sais que je serais au rendez-vous de la rencontre. Je sais que de toute mon âme je serais là. J'y suis déjà. Je nage au coeur de ce bouillonnement. C'est ma vie qui s'écrit ainsi.

ombelles un jour d'été

Adoption

samedi 25 juillet 2015, par Maï Phan-van

Mes Ombelles à l'aube ont été adoptées depuis presque un mois déjà.
Primées par la Société des Pastellistes de France, elles étaient exposées à Feytiat (Limoges). Elles n'y seront pas restées longtemps, adoptées dès le dédut du salon elles sont parties près de Lyon.

ombelles pastel7-9-14
Puissent-elles faire rêver encore et encore, apporter autant de douceur au coeur que j'en ai eu à leur prêter mes mains pour leur donner vie sur le papier.

C'est toute une série de petits croquis au pastel sec qui s'est ainsi envolée dans le ciel chauffé à blanc par la canicule. Du Quercy blanc (expo "Un été à montcuq") vers de nouveaux horizons que j'ignore. Heureuse que mes petits coups d'oeil aux fleurs des pauvres, mes petits amours des bords de chemins, chicorées sauvages, pâquerettes, coquelicots, carottes sauvages et herbes folles , aillent ainsi trôner sur les murs des salons citadins...
En chacun de nous demeurent enracinés en nos gènes la mémoire des petits sentiers de campagne, l'enchantement des papillons, la magie des vers luisants, le parfum de l'herbe et du chèvrefeuille, le chant des grenouilles au bord des mares...
Belle et douce résurrection. La vie dans toute sa splendeur nous bouleversera toujours profondément quand les concepts alambiqués s'épuisent dans des discours compliqués à substituer la pensée aux émotions.
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Une autre série sera exposée à la maison de retraite "Les floralies" Prayssac (Lot) dès la semaine prochaine et jusqu'à la fin de l'été.
Pour enchanter les résidents dont certains ont perdu le goût, la capacité ou la force de sortir, j'ai mêlé paysages et études, et quelques chemins vers la lumière comme un appel rassurant à cheminer vers l'infini.
etang coucher de soleil

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Mes Laudes

samedi 18 juillet 2015, par Maï Phan-van


Du latin laudes : « louanges ». L’office de Laudes est celui du matin : il doit ce nom à la tonalité laudative qui le caractérise, face au renouveau quotidien des bienfaits de la création. Le premier Psaume est un Psaume du matin, tandis que le dernier est un Psaume de louange ; dans l’office prévu par la Règle de saint Benoît, le dernier élément de la psalmodie est constitué chaque jour par les trois derniers Psaumes du Psautier qui ne sont que pure louange : ces Laudes (Ps 148, 149, 150) ont contribué à donner son nom à l’office matinal.

carottes sauvages traces dans ma mémoire

Acrylique sur toile 100x100


Méditer le matin à l'aube, goûter la fraîcheur du jour... ce sont mes laudes... métissage de cultures, de pratiques et de spiritualité. Entre le bouddhisme de ma terre paternelle, et le catholicisme de la terre maternelle, trouver un chemin singulier d'unité, d'harmonie et de paix. Unir, intégrer les différences et les opposés...Orient et occident mêlés au plus profond de moi. Méditer à l'aube au son du bol chantant, ou au chant des oiseaux s'éveillant, voir poindre les lueurs rosées du soleil à l'horizon de l'est... Être. Juste cela. Être.
Être présent à soi au maximum dans chaque cellule de son corps, ressentir. sentir. savoir que l'on respire, éprouver l'instant...rendre grâce à la vie de cette expérience ...s'emplir de gratitude...puis doucement se saisir des pinceaux...s'abandonner à ce qui vient.

Métamorphose

jeudi 16 juillet 2015, par Maï Phan-van

"Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, Polissez-le sans cesse, et le repolissez, Ajoutez quelquefois, et souvent effacez." N. Boileau
Il y a eu un avant: les oeillets d'inde

Il y a maintenant:

triptyque_oeillets_d_inde.png

Entre les deux un chemin de métamorphose.
Acrylique sur toile. 120 x120 ( 3 x40)

"Métamorphose : Changement d'un être en un autre, transformation totale d'un être au point qu'il n'est plus reconnaissable. Modification complète du caractère, de l'état de quelqu'un, de l'aspect ou de la forme de quelque chose. Changement de forme d'un individu, survenant après sa sortie de l'œuf et constituant l'une des étapes de son développement normal. Transformation profonde que subit un insecte en passant de l'état larvaire à l'état nymphal et de celui-ci à l'état adulte ou imaginal."Dictionnaire Larousse
C'est le propre du vivant que de se transformer sans cesse, tout meurt et renaît à chaque instant. Il est illusoire et mortifère de s'attacher à une forme. Toute nouvelle apparence garde trace de sa genèse. En se transformant une vérité se révèle, nous livrons au regard qui sait voir, la vérité profonde de notre être, nos ombres et nos lumières. Nous effleurons le lieu où l'individuel rejoint l'universel . Cela peut s'écrire sur la toile pour peu que nous abandonnions toute prétention à paraître, toute volonté de dire, de convaincre. C'est dans le geste simple, sincère, dans la nudité humble du coeur qu'à notre insu, au delà de notre volonté...quelque chose en parlant de nous parle du monde, quelque chose de l'absolu infini parfois se dévoile...

Métaphore...

mardi 14 juillet 2015, par Maï Phan-van

Mon atelier se meuble de neuf avec ces grands carrés qui viennent rhabiller les murs.
l'atelier rhabillé
Je regarde mes enfants nouveaux nés...
D'où viennent ces images, existaient-elles quelque part dans l'invisible avant que je ne les capte et leur serve de pont vers le monde visible?
Sont-elles la mise en forme figée par le pinceau de mon chemin intérieur? J'ai si souvent fait dessiner les enfants pour les aider à se comprendre, tant essayé de soulager peines et conflits avec crayons, encres, gouache et collages...

Couches superposées ou effacées, voiles et glacis, rideaux de brume comme une métaphore des processus qui façonnent notre identité.Ce que nous percevons du monde et ce que nous n'en voyons pas. Ce qui demeure en nous et ce qui nous échappe. Conscient et inconscient.
Que dis-je de moi dans ce travail là. Je pose des couches, je lave, j'efface, je recommence, je gratte, je griffe, j'arrache, je recouvre...je ne "sais" pas ce que je fais, je ne pense pas, je laisse agir mes mains , mon corps. Il va vers où il veut aller, lui seul sait le chemin... Le corps physique et ses marottes, la part visible, image de nos évitemments volontaires et involontaires. Attitudes qui façonnent notre être au monde et notre regard sur lui.
Voiler et dévoiler, cacher et montrer, obturer pour donner à voir, mettre en lumière pour dissimuler...n'est-ce pas ce qui se fait là dans ce labeur que mes mains inventent.

Je me suis déjà fait cette réflexion en travaillant la laque. On ne peut rien dissimuler dans le travail de la laque. Ou si mal. En ponçant la quinzième couche de laque voilà que soudain réapparaît la mémoire du pigment de la première, l'impatience de la préparation du support, le geste maladroit qu'on avait éffacé... Ce qu'il en reste, digéré et transformé par tout le travail des superpositions des couches, des ponçages répétés. Tout s'y lit, les erreurs, les impatiences, les trops et les pas assez, l'application, la patience...C'est bien un travail de psychanalyste ce ponçage patient des couches accumulées au fil du temps, avec un abrasif de plus en plus subtil...
Et la merveille parfois de voir soudain apparaître l'inattendu. Le miracle de l'invisible devenant visible.

Un clin d'oeil de l'absolu...

Mes toiles, mes enfants images, êtres vivants m'appelant sans cesse à revenir à l'ouvrage.

A hauteur d' herbes

mercredi 1 juillet 2015, par Maï Phan-van


les dernières sauges dans le pré
Se mettre à hauteur d'herbe. Voir le monde autrement. Tout simplement.
Cesser de vouloir tout voir de haut, du dessus.
Reich parlait de posture.
Combien dans ma vie d'avant j'ai regardé les corps physiques, leur posture physique, pour mieux comprendre la posture psychique...L'une est image de l'autre. L'un se modèle à l'image de l'autre. Travailler sur l'un modifie doucement l'autre.

Je ne suis plus bonne en ce moment de grand chambardement qu'à regarder le monde à hauteur d'herbe. Modestement. A hauteur de fourmi. Toute arrogance balayée. Toute prétention à être autre que je ne suis, envolée.

Dans l'épaisseur du gesso étalé largement à grand coup de spatule pour préparer mon fond, se sont tracées des herbes hautes, balayées par le vent. Les dernières sauges du pré se sont glissées par là, elles attendaient mon pinceau. Il y a un mois à peine, dans la prairie dehors elles servaient d'écrin aux orchidées sauvages du Quercy. ma mémoire en est témoin

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